Info Risk - Drogues légales / Alcool

Alcool

Généralement obtenu par distillation ou fermentation (berk !) de fruits, de légumes ou de céréales, l'alcool éthylique n'a aucun goût, aucune odeur, pas plus que de couleur. Le tanin donne son goût au vin, le malt au whisky, etc… Les dommages qu'il occasionne touchent le cerveau, les vaisseaux sanguins, le cœur, le foie, le pancréas, l'estomac, les nerfs et… le porte-monnaie (coût par rapport à différentes boissons non-alcoolisées, coût d'un accident de bagnole ou de scooter…).


Pour plus d'infos
Flyer Alcool destiné en priorité aux adolescents

 


Coma éthylique: C'est quoi? C'est dangereux?

Les effets et les conséquences de l’alcool diffèrent selon les personnes, la morphologie, le sexe, l’âge, la quantité ingérée, le contexte de consommation, l’humeur et la forme du moment etc.

Comme tu le sais peut-être, pour certaines personnes la consommation d’alcool désinhibe, rend moins timide etc. Parfois, en revanche la consommation d’alcool augmente les risques d’accidents, de violences, de rapports sexuels non désirés ou non protégés. D’autres risques sont aussi le malaise, l’intoxication ou le coma éthylique. Plus on consomme, plus les risques sont grands.

Il peut arriver de voir un pote vomir parce qu’il a trop bu. Son corps se défend face à l’excès. C’est comme quand t’as trop mangé, quand c’est trop, c’est trop et ton corps te le fait savoir.

Il peut aussi arriver que le pote en question semble s’endormir sur le comptoir du bar, sur la table ou parterre. Dans ce cas-là il n’est pas en train de faire une pause pour se reposer. Son corps réagit aussi à son excès d’alcool et fait un malaise. Si l’ami en question ne répond pas, il se peut qu’il fasse un coma éthylique, (ce qui est une intoxication aigüe) et il est en danger !

Il est important de ne jamais laisser un ami seul dans cet état. Il n’est plus capable de se prendre en main ou de se défendre. S’il fait frais ou froid son corps va se refroidir dangereusement, il est donc nécessaire de le couvrir. En cas de danger extérieur, il ne pourra pas se mettre à l’abri et il faudra le faire pour lui. Le risque le plus important est qu’il peut s’étouffer avec ses vomissements ou avec sa langue si il est sur le dos.

Il ne sert à rien de lui jeter un verre d’eau au visage ou de la passer sous la douche ! Si la personne ne répond pas, il ne faut pas hésiter à appeler les secours : 144

En attendant les secours, il faut mettre la personne sur le côté, vérifier qu'elle respire correctement dans cette position et rester avec elle jusqu’à l’arrivée des secouristes.

Un coma éthylique est toujours dangereux, et ne doit pas être pris à la légère, il peut mener jusqu’au décès.

 


 Consommation en baisse chez les jeunes

Une enquête effectuée dernièrement auprès des écoliers, démontre que les jeunes boivent moins d’alcool et fument moins de cigarettes et de joints qu’il y a quatre ans. L’ensemble de la jeunesse n’a donc pas un rapport problématique à ces produits, néanmoins une minorité a une consommation dite à problème surtout pour ce qui est de l’alcool. Ce que nous pouvons malheureusement observer est que les commerçants continuent à vendre de l’alcool à des jeunes de moins de 16 ans malgré les dispositions légales sur la protection de la jeunesse qui l’interdit.

 


Alcootests à usage personnel VS “Réglette alcool“

Un article de du Bureau de Prévention des accidents (bpa) expose les résultats d’un test effectué pour vérifier l’efficacité de deux types de mesure d’alcoolémie : les alcootests à usage personnel et les réglettes alcool.http://healthsangels.ch/administrator/index.php?option=com_content&view=article&layout=edit&id=4

Il est vrai que dans certains pays tels que la France et l’Australie l'utilisation de l’alcootest à usage personnel est considéré comme pertinent.

Néanmoins, une étude a été effectuée par le bpa. Ce dernier a fait tester un de ces produits par l’institut de médecine légale de St-Gall. Cette étude a révélé que les résultats de cet alcootest étaient trop imprécis. D’après le bureau de prévention des accidents, les appareils de bas à moyen prix ne sont pas satisfaisants.

Ces produits ne sont pas précis, en cas de répétition d’une mesure la variation est trop élevée et le maniement n’est pas toujours simple, ce qui induit des erreurs de manipulation sur le résultat.

Le bpa désapprouve donc l’utilisation d’alcootests à usage personnel. En revanche, il ne remet pas en doute l’efficacité des appareils chers et précis, autrement dit, ceux utilisés par la police.

Les “Réglettes Alcool“ ont un objectif plutôt préventif. En effet, grâce à ces réglettes, contrairement aux alcootests, il est possible de savoir la quantité d’alcool que la personne peut boire avant qu’elle ait consommé afin de respecter le 0.5 pour mille et le risque d’erreur est plus faible.

Le simulateur d’alcoolémie est un complément qui est encore plus précis car il permet de prendre en considération le poids, le sexe, avec/sans repas et les heures auxquelles les boissons ont été bues.

Le Bureau de Prévention des Accidents précise et rappelle que la valeur limite moyenne de risque de 0.5 pour mille est valable pour les conducteurs à partir de 25 ans, le risque augmente déjà à partir de 0.3 pour mille pour les conducteurs plus jeunes. Sur la base de ces résultats, certains pays ont introduit à raison la tolérance zéro en matière d’alcool pour les nouveaux conducteurs. Ces expériences s’avèrent positives. (Bureau de Prévention des Accidents, 12.03.2007)

 


Le programme national alcool 2008 – 2012

Le conseil fédéral a chargé l’Office Fédéral de la santé publique (OFSP) d’élaborer le programme national alcool 2008-2012 (PNA), ce qui a été fait en collaboration avec la Commission fédérale pour les questions liées à l’alcool (CFA), la Régie fédérale des alcools (RFA), les cantons et d’autres acteurs politiques suisses en matière d’alcool.

On peut constater que la majorité de la population n’a pas de consommation d’alcool problématique mais on estime tout de même à plus d’un demi-million le nombre de personnes qui boivent régulièrement de manière excessive et environ 300'000 personnes alcoolodépendantes ou courant un risque important de le devenir. On peut également compter qu’un accident de la route sur six a lieu sous l’emprise de l’alcool.

Le PNA considère une consommation non problématique lorsqu’elle ne nuit pas à la personne elle-même et aux autres. Son objectif principal est donc de diminuer les conséquences négatives sur les personnes ayant une consommation problématique et sur son entourage. Pour cela, le PNA propose une approche comportementale c’est-à-dire informer et sensibiliser qu'une approche de prévention structurelle qui elle, vise l’application des lois. 7 objectifs précis sont visés par le PNA, dont notamment le fait de sensibiliser la société, le milieu politique et économique à la vulnérabilité des enfants et des adolescents face à l’alcool ainsi qu’informer la population sur les effets négatifs de la consommation d’alcool et soutenir les mesures appropriées prises pour les réduire.

 


 Zéro pour mille.  Zéro problème !

A partir du 1er janvier 2014, le taux de zéro pour mille s’applique aux détenteurs de permis d’élève conducteur et de permis de conduire à l’essai.  La statistique montre que les nouveaux conducteurs sont plus impliqués dans des accidents dus à l’alcool que les autres conducteurs.

A savoir :

Jamais d’alcool au volant ou au guidon.

Attention au lendemain d’une soirée arrosée, l’alcool s’éliminant lentement du corps, (environ 0.1 pour mille par heure), on peut encore être alcoolisé au réveil.

1 pour mille à minuit = 0.4 pour mille à 6h du matin !

Les conséquences pour conduite sous l’influence de l’alcool sont sévères : peines pécuniaires élevées, retrait ou annulation du permis. En cas d’accident, réductions des prestations d’assurances et sanctions pénales.

Plus d’informations sur www.zero-pour-mille.ch

Calcul d’alcoolémie disponible on-line ou apps téléchargable gratuitement sur www.bemyangel.ch

 


La consommation à risque d’alcool dans le canton de Vaud

Différentes études permettent de prendre la mesure de la problématique au niveau cantonal.
Plus de 40 % des garçons et 30 % des filles de 15 ans ont connu deux états d’ivresses au cours de leur vie. (Gervazoni et al. 2001). 15 % des Vaudois de plus de 15 ans présentent une consommation d’alcool à risque dont les coûts sont estimés à 190 millions de francs par an (DSAS, 2007).

Une enquête réalisée au CHUV a mis en évidence que chez les hommes, près de 50 % des blessures intentionnelles sont attribuables à l’alcool. Chez les femmes, cette proportion est supérieure à 23 %. Par comparaison et concernant les événements non-intentionnels, la part d’accidents attribuable à la consommation d’alcool oscille entre 12 % (trafic) et 19 % (chutes) chez les hommes et respectivement entre 10 % (trafic) et 12 % (chutes) chez les femmes.  La plupart des traumatismes se sont produits dans des situations de loisirs avec des consommations faibles à modérées (Gmel et al., 2007).

Dans le milieu festif, l’alcool reste la substance le plus consommée (93.9%), devant le tabac (85.3%) et le cannabis (65.6%).  (Carrasco et al. 2014). De manière générale, elle augmente en fonction du nombre de contexte de consommation. (Labahrt & Kuntsche, 2012)

La protection de la jeunesse reste très insuffisante dans le canton de Vaud, comme le montrent les 2 campagnes d’achats-tests réalisées par la FVA en 2011 et 2013 (Astudillo & Kuendig, 2012, 2013). En 2013, Les résultats de cette enquête montrent un taux d’infraction à la LADB très important (79,1%). Le taux de vente aux mineurs varie en fonction du type d'établissement: 82% chez les petits détaillants, 41% dans la grande distribution et 84.4 % dans les cafés et bars. Le taux le plus élevé  a été relevé dans les manifestations culturelles ou sportives avec permis temporaire de vente d'alcool (93%).

De fait, la prévention alcool doit être renforcée au niveau cantonal aussi bien par des mesures de prévention structurelles que comportementales.

Le service de la santé publique a définit ses lignes stratégiques dans son Plan cantonal  d’action alcool (PAct-Alcool, 2007). Le développement opérationnel et la coordination des mesures d’information et de  prévention ont été confiés à la Fondation vaudoise contre l’alcoolisme (FVA, 2013)

Plus d’infos sur www.fva-prevention.ch


Source : Fondation vaudoise contre l’alcoolisme

 


Références

Astudillo, M., Kuendig, H. (2013). Interdiction de service et de vente d'alcool aux mineurs dans le canton de Vaud: résultats de la campagne d'achats-tests 2013. Lausanne, Addiction suisse

Carrasco, K. et al.  (2014). Rapport NightLife Vaud. Fondation Le Relais - Rel’ier & Institut Universitaire de Médecine Sociale et Préventive, Lausanne.

DSAS, (2007). PAct-Alcool 2007 – 2012. Plan cantonal d’action. Département de la santé et de l’action sociale. Service de la santé publique

FVA, (2013). PAct-Alcool 2007-2012 Deuxième axe -  information et prévention  Plan Opérationnel – Rapport 2012. Lausanne: Fondation vaudoise contre l’alcoolisme

Gervazoni, P. et al. (2001). Etat de santé de la population vaudoise 2001, Troisième rapport pour la commission cantonale de prévention. Cahier Thématique 1 Alcool-Tabac, IUMSP

Gmel, G. et al. (2007). Alcool et blessures : consommation d’alcool, risques relatifs et fractions attribuables. ISPA/CHUV

Labhart F., Kuntsche, E. (2012). Du canapé au bistro-suivi de l’évolution de la consommation d’alcool des jeunes adultes durant les soirées de fin de semaine : étude sur les lieux de consommation d’alcool préférés des jeunes adultes grâce aux téléphones portables. in Dépendances, n°47, octobre 2012.